Personne n'a oublié l'émotion de sa voix et la douceur de son regard, qui traversaient jusque l'écran télé. Cet été, Mathieu, redevenu Mathieu Edward, sortira son premier album, reflet authentique -et inévitablement voué au succès - d'un parcours exemplaire. En effet, même si sa carrière a toutes les apparences d'un coup de chance, le jeune artiste ne vit pas un rêve en musique, mais plutôt l'aboutissement d'une passion nourrie depuis des années ...
Mathieu naît en banlieue parisienne. Au domicile familial, le zouk, le compas et autres rythmes chaloupés ensoleillent ses oreilles et lui transmettent le goût des belles mélodies. Son père est batteur professionnel et c'est tout petit que Mathieu découvre l'énergie pure et la sensualité brute de l'instrument. Sa mère comprend alors très tôt que la musique sera sa meilleure alliée pour aider son fils à déployer ses ailes. A 6 ans, elle inscrit donc son cadet à des cours de percussions africaines et devient bientôt fournisseur officiel de baguettes chinoises que Mathieu explose chaque soir, sur de vieux cartons !
Famille unie, puis bientôt désunie : La musique maintient tant bien que mal le contact entre le père et le fils. Des heures passées en studio à écouter son paternel, Mathieu s'imprègne durablement des ambiances qui deviendront indispensables à son équilibre. De cette enfance choyée, il intègre aussi une confiance indélébile en la vie, un sens des valeurs et surtout une formidable capacité à relativiser les malheurs et savourer chaque seconde du quotidien.
L'adolescence amène avec elle une période de turbulence. Le musicien en herbe grandit aux environs de Cergy : la cité-dortoir gronde en permanence et sa jeunesse s'embrase à la moindre étincelle. Certains s'y brûleront même les ailes définitivement... Mathieu découvre le hip-hop avec les classiques : 2Pac, Notorious Big, Snoop Dog et le Wu Tang Clan, sans oublier I AM et NTM... Premières virées entre potes, premiers matchs de basket (un de ses kifs), premiers mensonges pour se vieillir lorsqu'il convoite des princesses plus âgées que lui : quelques mois qui comptent pour des années lumières à un âge finalement pas si tendre...
Mais la musique continue de réclamer son du. Sa mère lui offre alors sa première batterie (en se mettant à dos tous les voisins !) car même si elle serre la vis et multiplie les punitions, jamais elle ne prive son fils de musique. Chaque lundi soir, Mathieu suit aussi des cours de batterie, pause privilégiée où il s'éclate, dans sa bulle, loin du chaos extérieur.
Mathieu suit alors son destin à distance raisonnable, mais sans jamais le perdre de vue. A 16 ans, un coup du sort lui fait réaliser qu'il est temps de grandir. Il intègre une chorale de gospel qui lui offre un point d'ancrage autour d'un esprit de tolérance. Mathieu y est batteur, pianiste à l'occasion (il a appris seul à en jouer) et bientôt soliste... Amoureux des harmonies, c'est naturellement qu'il prend pour habitude d'aider le chef de ch½ur et qu'il relève, presque sans s'en rendre compte, un nouveau défi: La force et la douceur de sa voix bluffent toute l'assistance, y compris lui-même! C'est à cette époque qu'il se tourne vers le R&B et la soul, qui parlent à sa nature sensible : Boyz II Men, Brian Mc Knight, Craig David, mais aussi Erykah Badu, Bilal, Musik Soulchild... Il crée aussi un groupe avec des amis d'enfance, ELEDGIE pour lequel il interprète, compose et coécrit.
[ Et c pas termiiner ]